Le printemps s'exprime en mode écriture automatique. Il provoque, il nous questionne, il nous pousse, il nous énergise, il nous empêche presque de dormir... Il a tant à dire, tant à faire! Partout, il pousse, il sort, il émerge, il éblouit, il mobilise, il surprend.

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Ce week-end, en revenant, j'ai surpris cette pousse de petit crocus qui profitait de la chaleur du mur Sud de la maison. Quelle insolence... et quel fantastique pied de nez à Mars! Ce matin, ce sont les marmottes, dont une gisait déjà morte écrasée, pour avoir oublié ses réflexes au cours de son hibernation. Hier, c'était un vol d'outardes, qui tournait autour de la ville à la recherche du Nord. Avant-hier, c'était le son de Classics Cuba, un disque de musique classique interprété par des Cubains, un métissage improbable éclatant d'énergie et de profondeur... Il y a une semaine, c'était le Sud emprisonné dans un paquet venu de loin par bateau qui a libéré ses saveurs et la bonté de Murielle. J'ai goûté avec délectation ces bouchées de Sud, une à deux par jour, en cachette comme un plaisir interdit! Il reste encore un peu de confiture... et yes, les enfants ne l'aiment pas! tant pis pour eux...

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Pleins d'images se bousculent dans ma tête, les phrases fusent, les idées s'entrechoquent. En vidant le lave-vaisselle, en remplissant le lave-linge. En enlevant quelques cheveux blancs sur mes tempes. Des réflexions sur le temps qui passe, sur l'art de bien vieillir, sur le vrai bonheur qui se voit sur le visage et les yeux d'une amie cinquantenaire. Tu crois que mon cinquantenaire à moi va se réveiller? Qu'on le fera ce fameux voyage? Une courbature me rappelle que je ne peux plus danser toute une soirée et me réveiller fraîche comme une rose. Mais que j'apprécie encore mieux aujourd'hui pareille soirée! Que je me sens plus riche aujourd'hui qu'autrefois! 

Rien de concret ne sort de toutes ces pensées. Sans doute que le printemps a trop de choses à faire. Au bureau, c'est la folie, à la maison, ça se bouscule. Même pas le temps de cuisiner un peu. Le temps m'échappe. Il n'y a plus qu'à se laisser glisser dans la vague... allez, je finirai bien sur une plage, à sécher au soleil. Et là, face à la mer, mon corps contre le sable, je retrouverai tous mes esprits.

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Un petit exercice d'écriture automatique en l'honneur de Clemorange, qui nous tire sa révérence, et qui nous avait invité à écrire un monologue intérieur dernièrement. J'aimais le ton, les idées de son blog. Bon printemps, Clem, tu me manqueras...