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Moi et ma soeur, entre les Saintes et la Guadeloupe, été 1986 (et j'ai à nouveau les mêmes lunettes!).

Avoir 20 ans, ce n’est pas si facile… Cette année-là, je me souviens de bonheurs fugaces mais intenses, mais aussi de souffrances plus profondes. Quand j’ai eu 20 ans, j’ai quitté Toulouse après un 2e échec au concours de médecine. J’ai quitté mes amis, qui étaient toute ma vie à l’époque, j’ai bifurqué pour prendre un autre chemin - non sans avoir au préalable fait pas mal la fête. J'écoutais à fond Springsteen, Dire Straits, Supertramp, U2 et le Requiem de Mozart! Je suis arrivée à Montréal en septembre, ne sachant trop que faire. J’ai passé un automne à apprendre l’anglais et à être très seule… Je me souviens de soirées angoissées, à pleurer sur mon sort, et de week-ends très festifs aussi. Je me souviens de belles rencontres, de retrouvailles avec des amis d’enfance et d'adolescence, de coïncidences. Pour moi, « revenir » à Montréal, c’était retrouver l’enfant que j’avais été et qui y était restée dix ans auparavant, un peu abandonnée. Je lui ai donné la main devant mon ancienne école et ensemble, nous sommes reparties vers de nouvelles aventures. Une vraie renaissance, qui s’est faite au fil des années qui ont suivi et dont le trait commun fut sans nul doute fête et insouciance (avec quelques nuits intenses d'études quand même...) Je ne savais pas trop où je m’en allais (je fumais en société!), j'avais plein d'aventures avec des garçons que j'idéalisais. Mais j’avais confiance d’avoir pris la bonne décision. J’étais sûre que je ne resterai pas toute ma vie ici, qu’un destin (et que le bon gars!) m’attendait quelque part et que cela passerait par plusieurs pays, une vraie déracinée…

25 ans ont passé... (hein? quoi? ou? comment?) 

Aujourd’hui, j'ai 45 ans (oui, oui, aujourd'hui même, pas possible ce que le temps passe vite!) Je suis bien plus heureuse (même si je fais beaucoup moins la fête! Pourtant j'ai une tête de vieille fatiguée certains matins...) et je n’ai plus jamais quitté le Canada! J’y ai rencontré mon déraciné à moi, venu chercher son idéal – l’a-t-il trouvé? Nous avons fondé notre famille, comme une évidence, sans jamais trop savoir où tout cela nous mènerait. 20 ans plus tard, nous sommes là à nous poser des questions sur la suite. En regardant les photos de l’époque, en me souvenant d’épisodes, je me rends compte à quel point j’étais immature, jeune et un peu perdue à 20 ans… et tout cela me fait sourire, avec l’indulgence des aînés pour les frasques des plus jeunes. Je n’ai plus autant d’énergie brute, mais tellement plus de force concentrée!  Vieillir n’est pas une si mauvaise chose finalement. L’expérience nous enrichit, nous construit et nous transforme. J’espère juste avoir conservé encore assez de jeunesse et de folie pour repartir à l’aventure…

Et comment il y a deux ans à la même période, je file prendre un avion -- et s'il y a un fil conducteur dans ma vie et un sentiment qui n'a pas vieilli, c'est bien celui-là... Toujours prête à partir!

Ciao tutti!