J’ai lu un livre formidable. Agathe en parle mieux que moi d’ailleurs (allez lire son billet!). Auparavant, j’avais entendu à la radio une entrevue avec son auteur, Jean d’Ormesson, que  j’aime depuis longtemps, qui m’avait fortement donné envie de découvrir son dernier livre. C’est une chose étrange à la fin que le monde m’a touchée profondément et j’ai même eu une révélation à la page 192, croyant en un bref et lumineux instant avoir compris que Dieu, c’était le Temps. Depuis cette idée me trotte parfois dans la tête… Moi qui court toujours après le temps, ou qui cherche sinon à le saisir, du moins à le canaliser, me voilà bien!

Il semble qu'à la différence de tout le reste le temps ne soit fait ni de particules, ni d'ondes, qu'il n'occupe aucun espace, qu'il n'ait ni masse, ni température, ni odeur, ni saveur, qu'il soit le comble de la complexité et le comble de l'abstraction, qu'il se confonde à la fois avec tout et avec rien.

J’essaye de persuader mes ados de lire ce livre, la première partie au moins. Jean d’Ormesson, dans son style toujours si personnel, élégant et épuré, nous fait un résumé de l’histoire de la pensée humaine et des découvertes scientifiques fort instructive. C’est fait sur un ton léger et ça se lit comme un échange entre l’homme (l’écrivain, l’auteur) qui cherche le sens de notre vie sur Terre et le Vieux (Dieu) qui lui, se marre la plupart du temps des efforts entrepris pour (le) comprendre.

Il y a des passages vraiment jouissifs, au point où je me suis mise à lire à haute voix dans la cuisine certains échanges entre le Vieux et l’auteur. J’ai même eu envie d’en imposer la lecture sur la longue route du camping – j’avais entendu à la radio une dame dire que c’est ainsi que sa mère lui avait inculqué un minimum de culture, à chaque déplacement, à chaque voyage, correspondait un classique de la littérature. Original, non?

C'est un livre qu'on a envie d'offrir, de partager. Ce soir, ce sera le parrain de Tintin qui le recevra pour ses 60 ans. Je n’ai qu’une hâte : le relire, tout doucement cette fois, pour savourer chaque chapitre, chaque phrase… et peut-être me rapprocher un peu plus du Vieux?

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Une petite pierre dans le Lac Champlain, Vermont, été 2011.

Autant l'avouer tout de suite. Il y a quelques chose d'un peu risible, et peut-être d'un peu poseur, qui m'a donné de grands bonheurs : c'était de nager dans la mer. Je sais : j'ai eu de la chance. J'ai nagé dans beaucoup de mers de notre vieille planète.  

Encore mieux : relire ce livre en contemplant la mer et faire des pauses en y plongeant (à mettre sur la Bucket List).