D’autres vies que la mienne, d’Emmanuel Carrère. Touchée!  L’histoire commence le 26 décembre 2004 en Indonésie – au même moment, j’accouchais. Le deuil-choc, la brutalité de la mort qu'on ne peut éviter, son injustice, pourquoi l'un est sauvé et pas son voisin? Pourquoi l'enfant et pas le vieux? On continue en 2005, on suit l’histoire de cette jeune femme, juge, handicapée, mère, épouse, cancéreuse dans ses derniers mois de vie, à travers le témoignage de certains de ses proches. Une autre forme de deuil, celui-ci annoncé, attendu et pourtant pas moins douloureux. 2005, l’année de la mort de ma mère de cancer aussi. Enfin, le droit avec un D. Un domaine d’études envisagé par une de mes filles depuis petite. L'injustice des petits face aux grands, un monde sans pitié mais où parfois, rarement mais parfois, la vraie justice avance. Ces trois éléments, à priori qui n'ont pas grand chose en commun, sont étroitement liés et je vous laisse lire le livre pour savoir comment. Ces sujets m'ont complètement captivée, lu en 3 soirs et fini à regret, un peu sonnée. Et contrairement à ce qu'on pourrait penser, au sujet qui peut rebuter, c'est une vraie ode à la vie, à l'amitié, à l'amour vraie, à faire de chaque jour une réussite. A lire absolument.

“On est toujours content quand les gens qui nous aiment relèvent nos travers comme des raisons supplémentaires de nous aimer.”

Une phrase qui m'a fait comprendre beaucoup de choses... "La pire des souffrances, c'est celle qu'on ne peut partager. Et le malade cancéreux, le plus souvent, éprouve doublement cette souffrance. Doublement parce que malade, il ne peut partager avec son entourage l'angoisse qu'il ressent, et parce que sous cette souffrance en gît une autre, plus ancienne, datant de l'enfance et qui elle non plus n'a jamais été partagée, jamais été vue par personne. Or, c'est cela le pire pour quelqu'un : n'avoir jamais été vu, n'avoir jamais été reconnu." 

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Le magasin des suicidés de Jean Teulé.  J’ai été déçue. Cette parodie d’une non-vie, où les gens viennent chercher le moyen d’en finir dans un magasin des plus original, tenu par une famille dédié à la cause, ne m’a pas du tout intéressée ni touchée.  Seul le petit dernier de la famille m’a tiré un sourire. Mais non, décidément cet univers glauque, je n’ai pas pu, pas accroché. Il m’a laissé indifférente et je n’ai pas eu envie de le terminer.

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Les trois lumières récit de Keegan, Claire, lu très vite, tant le livre est petit.  Dire qu’il m’a marqué sera exagéré.  C’est plutôt une lecture comme un bonbon à la menthe, juste assez court pour la faire en une soirée avant de s’endormir.  On garde le goût un peu et puis on l’oublie!

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zona-frigida,M50342Zona frigida de Ragde, Anne B. Ragde. Alors celui-ci, je l’ai lu sans trop savoir à quoi m'attendre, ni dans quelle galère je m’embarquais, c’est le cas de le dire!  Je l’ai trouvé sur le stand des nouveautés et la quatrième de couverture m'a attirée. Le fait que je venais de finir Les chaussures italiennes, qui m’avait bien plu, m’a incité à repartir dans le Nord. Cette écrivaine est de plus super célèbre dans son pays, la Norvège, et je n’en avais jamais entendu parler. Alors l’invitation à partir en croisière dans le Grand Nord de la Norvège avec son héroïne, une jeune femme assez bizarre, célèbre caricaturiste à l'esprit assez acide, était irrésistible…. Au milieu du roman, on commence à deviner l'histoire de Béa, qui elle-même essaye de l'oublier dans l'alcool. On espère qu’elle va trouver la paix dans ce nord glacial, dans cette croisière si peu classique, dans cette zone "frigida", en compagnie de personnages secondaires assez ecléctiques qui forment un huit clos des plus colorés. Et puis finalement, la vie continue. On dirait une grosse bulle qui gonfle, enfle et nous emmène au bord de...et puis pfff éclate, nous laissant entrevoir la lumière, l'espoir et c’est fini. Je vous le conseille comme un bon moment à passer, complètement ailleurs. En tout cas, en lisant ce livre, j’ai eu envie de partir moi aussi longer les côtes de glace et rien que pour cela, on passe un excellent moment! Et je crois que je vais me dépêcher de relire cette auteur.

Extrait (du début du livre pour ne rien dévoiler)

"Pour être tout à fait honnête, je suis partie au Spitzberg pour picoler. Je me le suis avoué à haute voix, un jour, en plein mois d’août. J’ai soudain tout laissé tomber pour m’inscrire à un voyage qui allait me coûter la peau des fesses. Mais, d’après le tour-opérateur, j’étais assurée de voir un grand nombre d’animaux sauvages dans un environnement à vous couper le souffle. Cependant cette promesse me posait un problème. En effet, comment peut-on vous garantir une telle expérience ? Au Spitzberg, la nature est d’une beauté exceptionnelle, tout le monde le sait. Mais en ce qui concerne les animaux, j’étais plus dubitative. Un ours blanc en colère, un morse endormi, ça se commande, ça ? La brochure présentait la photo d’un ours blanc qui passait la tête par un hublot en se léchant les babines. Des baleines aussi faisaient partie du package. Manifestement, l’agence ne laissait rien au hasard. C’était assez bluffant."