Quand j'ai lu le dernier billet de la Mère l'Oie, je me suis retrouvée... Pourtant, je ne suis pas femme à la maison et je vis dans un tout autre environment qu'elle! Cela m'a interpellée. Pour mieux l'illustrer - et comprendre -, je me suis donc amusée à reprendre presque exactement son texte (sans son autorisation sorry!) et à l'ajuster à ma réalité... A vous de mettre le doigt sur le bobo et d'en tirer vos propres conclusions (il convient au préalable de lire son texte...of course)!

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"Tu sais la fille "qui bosse" (par choix ou par nécessité) qui, au départ, pleine de bonne volonté et supra motivée par son job, est la femme "parfaite". Celle qui se donne à fond, qui reste après les heures de bureau, qui met sa fierté dans les rapports parfaitement présentés et vérifiés, qui plus est bien soignés, avec des en-têtes de couleurs, des fichiers codés et des notes de bas de page claires, qui a toujours un bon mot pour tous, qui se porte volontaire et qui ne comprend pas pourquoi les collègues sont si négatifs. Celle qui reprend les messages corpos, qui rabâche le positivisme, qui garde le moral des troupes.... tu vois? Un jour, nul ne sait pourquoi, nul ne sait quand, elle se réveille un matin avec non plus un sentiment de fierté mais un sentiment de gâchis. Elle n'est plus fière d'avoir ce job, elle a parfois honte d'être un simple numéro dans la chaîne. L’impression d’avoir été utilisée. Elle n'a plus envie d’en faire plus,, elle voudrait passer du temps avec ses enfants, elle voudrait réfléchir et penser à la vraie vie, elle voudrait avoir 20 ans et plancher sur le prochain partiel (d'ailleurs ça a servi à quoi ces heures de boulot sur les partiels, parce que franchement, son boulot quotidien, hein?). Elle voudrait aller prendre un pot à la sortie du boulot – mais surtout pas avec les collègues, mais non faut qu’elle court faire les courses, ramasser les enfants, faire le ménage, éteindre les feux à la maison (cochez toutes les réponses). Elle voudrait être contente de retrouver ses enfants le soir et pas avoir envie de les envoyer dans leur lit à 19h avec un lance-pierre, parce qu’elle est crevée et sa patience, bien elle n’en a plus. Elle voudrait.... mais elle ne sait pas trop ce qu'elle voudrait. Elle regrette..... mais elle ne sait pas trop ce qu'elle regrette non plus. Elle en veut à des gens... mais elle ne sait pas à qui – le système? Officiellement, sur le papier, elle a une place dans le monde d'aujourd'hui, dans cette entreprise, dans cette équipe – mais bon, en réalité, elle n’est pas à sa place. La roue tourne et elle sent bien que le mouvement ne l'entraîne pas, elle reste derrière avec ce sentiment d'avoir été vidée, comme si on lui avait volé un bout d'elle même. Des collègues plus jeunes arrivent, présentent de meilleurs rapports – pas meilleurs au fond, mais dans la forme, ils font illusion.  Elle sait bien que c'est ridicule, enfin on lui dit que c'est ridicule mais cette pensée la hante: "qu'as tu fait de ta vie?" tu as bossé 20 ans pour cette société mais pour cela, aucune reconnaissance si ce n’est un salaire à la fin du mois. La reconnaissance sociale? Il y a belle lurette qu’elle se rend compte que cela est du vent. Certains se vantent d’un titre d’un rôle, mais au fond, hein… cette reconnaissance qui fait que les autres nous reconnaissent comme les leurs, nous questionnent, s'intéressent à nos vies, ou nous demandent conseil. Une mère qui travaille se laisse vite happer par son agenda, comme tout le monde, et le fossé se creuse parce qu'il n'est question que de collègues, de cours en bourse, de rapports à soumettre, de dates butoir à respecter, de problèmes d'adultes et pas d'éducation de projets de voyages, de moments en famille et de réalisations personnelles, mais cela c'est pas un sujet sérieux. Alors apparaît le syndrome de la FPD (femme professionnelle désabusée), elle se transforme en mégère acariâtre et aigrie qui ne fait que se plaindre et ne fait même plus son boulot... pas cool et ça creuse encore un peu plus le fossé. Je suis passée par là une fois et j'avais envie de t'en parler parce que je suis pas la seule loin de là et parce que ça aidera peut être certaines à se sentir moins seules – et pas seulement celles qui bossent à l’extérieur de chez elles. Ce truc, t'appelle ça comme tu veux, un burn out si tu veux être dans le vent, une dépression, du surmenage, un pétage de plomb, la crise de la quarantaine, mais t'appelle surtout pas ça un baby blues parce que le blues c'est une superbe musique qui s'écoute en sirotant un Pomard dans ton canap'."

A ta santé Margot! (ça ne résoud pas le fond du problème, mais ça peut pas faire de mal!)