5min30s ou la recherche du temps perdu

05 avril 2014

Leçon de vie

C'est une femme merveilleuse, on le devine dès qu'on la voit, jouant du Chopin avec des converse aux pieds, du haut de ses 109 ans... Et L'oeil pétillant!

Elle, c'est Alice Herz Sommer.

Ecoutez la, regardez la, il n'y a rien à ajouter. 

 

ALICE HERZ SOMMER 2013 new trailer - film is finished

 

Deux choses m'ont touchée dans ce documentaire : l'atmosphère dans laquelle on grandit nous marque porfondément, plus que ce qu'on nous enseigne, nous rappelle-t-elle. L'autre, c'est aimez ce que vous faites et travaillez, travaillez, travaillez. 

Bon dimanche!

 

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03 avril 2014

Le printemps (3)

En poésie. 

Devoir de CM1: chercher et trouver un poème sur le sujet du Printemps avec au moins 8 vers. Le montrer au professeur avant de le recopier dans la cahier de poésie. A apprendre pour la semaine suivante.

Avec Tintin, nous sommes donc partis à la chasse au poème, pas trop long, amusant, qui parle vraiment de printemps sans trop de détour et qui plaise au principal intéressé! Nous avons donc 3 choix à soumettre au professeur. Et vous, lequel préférez-vous?

 

Printemps

Voici donc les longs jours, lumière, amour, délire !
Voici le printemps ! mars, avril au doux sourire,
Mai fleuri, juin brûlant, tous les beaux mois amis !
Les peupliers, au bord des fleuves endormis,
Se courbent mollement comme de grandes palmes;
L’oiseau palpite au fond des bois tièdes et calmes;
Il semble que tout rit, et que les arbres verts
Sont joyeux d’être ensemble et se disent des vers.
Le jour naît couronné d’une aube fraîche et tendre;
Le soir est plein d’amour; la nuit, on croit entendre,
A travers l’ombre immense et sous le ciel béni,
Quelque chose d’heureux chanter dans l’infini.

Victor Hugo, Toute la lyre

 

Printemps qui vient…

Printemps qui vient fleurir le temps
arrive un jour sans qu’on le voit venir
Printemps qui vient comme le vent
souffler sur l’hiver et le faire partir
Printemps qui vient renaître à nouveau
nous caresser la peau et nous faire sourire
Printemps qui vient avec la Douceur
accueillir le Soleil qu’on avait oublié
Printemps qui vient nous réchauffer
arroser les jardins, faire jaillir les fleurs
Printemps qui vient nous dire Je t’aime
Afin qu’on puisse tout recommencer.

Elodie Santos, 2009

 

L'hirondelle et le poète

"Bonjour, bonjour"
dit l'hirondelle
qui revient nicher
sous mon toit.
"J'ai du printemps
au bout des ailes
et t'apporte des fleurs nouvelles;
je te suis fidèle"

"Merci, merci,
dit le poète,
de revenir auprès de moi
de l'autre bout de la planète."
et j'avais du bleu plein la tête
car l'hirondelle c'était toi.

Michel BEAU

 

En prime, je ne peux résister à vous ajouter la si belle chanson de Félix Leclerc, un peu trop longue au goût de Tintin bien qu'il adore le dernier vers, dommage elle aurait pu parfaitement remplir le cahier des charges...

L'hymne au printemps

Les blés sont mûrs et la terre est mouillée
Les grands labours dorment sous la gelée
L'oiseau si beau, hier, s'est envolé
La porte est close sur le jardin fané...

Comme un vieux râteau oublié
Sous la neige je vais hiverner
Photos d'enfants qui courent dans les champs
Seront mes seules joies pour passer le temps

Mes cabanes d'oiseaux sont vidées
Le vent pleure dans ma cheminée
Mais dans mon cœur je m'en vais composer
L'hymne au printemps pour celle qui m'a quitté

Quand mon amie viendra par la rivière
Au mois de mai, après le dur hiver
Je sortirai, bras nus, dans la lumière
Et lui dirai le salut de la terre...

Vois, les fleurs ont recommencé
Dans l'étable crient les nouveau-nés
Viens voir la vieille barrière rouillée
Endimanchée de toiles d'araignée

Les bourgeons sortent de la mort
Papillons ont des manteaux d'or
Près du ruisseau sont alignées les fées
Et les crapauds chantent la liberté
Et les crapauds chantent la liberté...

Félix Leclerc

 

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31 mars 2014

... and again

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Winter March. Until the end. 

Let's come and shine April!

 

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25 mars 2014

Le printemps (2)

En dessert.

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Plantation

Petits semis d'après l'idée originale d'Agathe en cours de préparation (la présentation finale était plus jolie, mais de nuit, pas de photos!). 

J'ai fait deux changements à sa recette : le gâteau est plutôt un fondant (60g de farine au lieu de 150g préconisé) dans lequel j'ai ajouté une poignée de pralinoise (merci Christel!) et la mousse a été placée au-dessus - j'avais fait le gâteau la veille. J'ai également utilisé des gaufrettes au chocolat italiennes plutôt que les oreos.

Un joli et délicieux pied de nez au printemps, facile et très amusant à faire!

 

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22 mars 2014

Le printemps

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La plus désespérante des saisons ici... Encore un mois avant de revoir le gazon jaune. 

Bon, en attendant, je vais passer la matinée en cuisine, histoire de se remonter le moral.... C'est pas encore cette semaine que je ferais ma détox!

 

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11 mars 2014

Samedi, c'est ski (2)

Un dernier cours de ski pour Tintin qui tombait bien : une journée magnifique, avec un petit - 5 et un grand soleil, une neige parfaite, que demander de plus? J'ai laissé les filles et Tintin à la station de ski alpin. Toute à la joie de la perspective de ne pas avoir à consulter ma montre pour récupérer fiston - et donc de calculer mon temps de retours - j'ai décidé de m'aventurer pour la première fois sur une piste de ski de fond NOIRE (musique de film d'horreur...).

Au début, tout va bien, la seule difficulté étant qu'il n'y pas vraiment de trace et que les montées sont un peu plus raides. Y'a rien là! Je ne suis pas encore fatiguée et, toute à mon admiration du paysage, je plante mes batons, avec enthousiasme, dans la neige. 20 minutes s'écoulent dans le bonheur. Dans une montée un peu plus à pic, je plante avec force ce baton qui va soutenir tout mon corps et hop, c'est le vide.... une fraction de seconde plus tard, tout mon corps face dans la neige, mes skis sous moi, dans une position qu'on ne pourrait jamais prendre si on le souhaitait!. Sur le moment, j'ai pas compris ce qui m'arrivait! Pas de mal, mais un tout petit moment de panique à l'idée que j'aurais pu me blesser dans cette zone sans réseau. Inutile de dire qu'ensuite, je me suis concentrée sur mes gestes, mes bras, mes skis, terminée l'admiration béate du paysage!  D'autant, que sur cette piste, il n'y a pas foule... pas croisé une seule âme en ce jour IDÉAL pour le ski de fond! 

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J'étais assez contente de retrouver la véritable "autoroute" (deux voies de chaque côté, incroyable) qui traverse le parc et que j'empruntais pour la première fois...  Mais après quelques centaines de mètres, j'ai eu à nouveau envie de partir plus loin. Le Huron Trail s'est présenté à moi comme une invitation impossible à refuser. Je ne savais pas où il menait, sans doute près du refuge du même nom, me suis-je dit - celui que j'avais découvert la semaine passée. Alle hop, c'était le jour ou jamais pour essayer!

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Refuge Huron, parc de la Gatineau.

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Refuge Shilly Shally. Sur la carte: le Huron Trail est la piste en bleu 3, au-dessus de la flèche rouge, qui part de la promenade du Lac Fortune et qui se rend à la piste 1, la verte, sur laquelle se situent les refuges (en bas), en traversant plusieurs petits lacs.

Bien m'a pris de ne pas m'être découragée à cette première chute! La balade sur le Huron Trail est de loin la plus belle que j'ai faite à ce jour, pas trop dure, pas d'interminables lignes droites, juste ce qu'il faut entre montées et descentes, avec des vues superbes et une bonne longueur - 5 kms d'un bout à l'autre. Il m'en a fallu en faire autant pour revenir par la 1, puis la 14, et enfin la 4 mais la piste étant plus facile et en descente sur la fin. Et puis, cette fois, je me suis arrêtée pour admirer, boire, prendre des photos, et découvrir un nouveau refuge, le tout petit Shilly Shally, avec une seule table commune, et toujours, ces foyers à bois, que les skieurs alimentent au fil des passages. Il y avait là une famille d'Anglais, grand-parents et bébé compris, tous à skis (bébé dans le traineau). On voit leurs sandwichs qui réchauffent sur le foyer; je n'ai pas osé les prendre en photo. Du coup, j'ai mangé ma barre de céréales et une pomme dehors sur le banc au soleil...

Une balade que je referai sûrement en ski (cet hiver? ou le prochain) ou à pied, allez voir l'été les photos, c'est sidérant tout ce vert après tout ce blanc!

J'ai retrouvé les enfants en train de manger, j'ai commencé un nouveau tricot en les attendant et vers 17h nous sommes repartis, tous ravis de notre journée. A la radio, la chanson du moment, Happy, que nous avons hurlé à tue-tête et dehors ce paysage... 

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Crédit photo Yaya. Rivière Outaouais gelée...

Ce serait bien que le printemps arrive maintenant... 

 

 

 

 

 

 

 

 

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10 mars 2014

Reading week

A l'université, la semaine dernière en était une de lectures - du moins à McGill en sciences po - celle où les étudiants en profitent pour rattrapper les lectures en retard et terminer les travaux de mi-session, celle aussi de préparation des mid-terms. Pas de cours donc. Nous avons eu la joie de voir Yaya débarquer avec ses énormes sacs de linge sale, son ventre creux, ses travaux à faire, ses mille et un projets, son sens de la répartie et son organisation légendaire. Call me Last minute (ou Remarkable proscratinator - un de ses pseudos).

Yaya a eu vite fait de rebaptiser Reading Week. Car de lectures, point... J'ai bien entendu, au tout début de son séjour, qu'elle réécoutait laborieusement un cours enregistré sur son cel, mais au fil des jours, il semble bien que ses louables intentions - elle avait même élaborer une liste! - se soient diluées dans... la pâte à crêpes!

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 Crédit Photos : Yaya.

Ce fut donc Pancake Week. Ca tombait bien! Pancake Day était bien le mardi, pourquoi ne pas faire durer le plaisir. A sa décharge, Yaya a fait de très belles photos de pancakes... et son petit frère était ravi!

Il faut reconnaître aussi qu'à cette hauteur de l'hiver - et surtout de celui-ci - la moindre sortie creuse l'appétit et les balades sur le canal ont épuisé les réserves d'énergie. Pas de vacances pour nous, dommage d'être en décalage, mais nous avons bien profité de son passage à la maison - Yaya, égale à elle-même, toujours pleine de vie, ne laisse personne indifférent : du désordre (de la vie!) partout, des disputes, des rires aussi, des tonnes de linge à laver à la dernière minute (et le report de son retour pour pulls pas secs), le stress de retourner sans avoir raturer la moitié de la liste, tout cela avec une heure de moins dans la nuit de samedi à dimanche. Tant pis! Heureusement, nous avons terminé cette semaine en beauté avec une magnifique journée de ski - et des souvenirs pour passer à travers la seconde et cruciale partie du Winter Term. Go Yaya, c'est le temps de mettre les bouchées double!

Edit du 11:

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Selfie des cousines A et Yaya sur le canal! J'adore cette photo!

 

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05 mars 2014

Paroles de femmes

Cela fait belle lurette que je ne crois plus au hasard... Pendant que j'écrivais mon billet hier, à la radio, on parlait d'un nouvel essai, "Aimer, materner, jubiler" d'Annie Cloutier, l'occasion d'une table ronde pour parler de la place des mères dans la société, de la question du travail des femmes et de la non reconnaissance du statut de mère au foyer (avec comme référence la revendication de Carla Bruni dans le magazine Vogue : "J'aime la vie de famille, j'aime faire tous les jours la même chose". A écouter

Vous pouvez aussi lire la page de présentation de l'émission et aller explorer les liens mis en référence. Les blogs d'Annie Cloutier et Madeleine Allard sont intéressants et parfois réjouissants - enfin de ce que j'ai eu le temps de lire à date. Ouf... je me sens moins seule!

Du coup, envie de lire l'essai de Annie Leclerc, Parole de Femme, publié.... en 1974.

Voilà une question qui est loin d'être conclue...

 

03 mars 2014

It is not the blues indeed...

Quand j'ai lu le dernier billet de la Mère l'Oie, je me suis retrouvée... Pourtant, je ne suis pas femme à la maison et je vis dans un tout autre environment qu'elle! Cela m'a interpellée. Pour mieux l'illustrer - et comprendre -, je me suis donc amusée à reprendre presque exactement son texte (sans son autorisation sorry!) et à l'ajuster à ma réalité... A vous de mettre le doigt sur le bobo et d'en tirer vos propres conclusions (il convient au préalable de lire son texte...of course)!

* * *

"Tu sais la fille "qui bosse" (par choix ou par nécessité) qui, au départ, pleine de bonne volonté et supra motivée par son job, est la femme "parfaite". Celle qui se donne à fond, qui reste après les heures de bureau, qui met sa fierté dans les rapports parfaitement présentés et vérifiés, qui plus est bien soignés, avec des en-têtes de couleurs, des fichiers codés et des notes de bas de page claires, qui a toujours un bon mot pour tous, qui se porte volontaire et qui ne comprend pas pourquoi les collègues sont si négatifs. Celle qui reprend les messages corpos, qui rabâche le positivisme, qui garde le moral des troupes.... tu vois? Un jour, nul ne sait pourquoi, nul ne sait quand, elle se réveille un matin avec non plus un sentiment de fierté mais un sentiment de gâchis. Elle n'est plus fière d'avoir ce job, elle a parfois honte d'être un simple numéro dans la chaîne. L’impression d’avoir été utilisée. Elle n'a plus envie d’en faire plus,, elle voudrait passer du temps avec ses enfants, elle voudrait réfléchir et penser à la vraie vie, elle voudrait avoir 20 ans et plancher sur le prochain partiel (d'ailleurs ça a servi à quoi ces heures de boulot sur les partiels, parce que franchement, son boulot quotidien, hein?). Elle voudrait aller prendre un pot à la sortie du boulot – mais surtout pas avec les collègues, mais non faut qu’elle court faire les courses, ramasser les enfants, faire le ménage, éteindre les feux à la maison (cochez toutes les réponses). Elle voudrait être contente de retrouver ses enfants le soir et pas avoir envie de les envoyer dans leur lit à 19h avec un lance-pierre, parce qu’elle est crevée et sa patience, bien elle n’en a plus. Elle voudrait.... mais elle ne sait pas trop ce qu'elle voudrait. Elle regrette..... mais elle ne sait pas trop ce qu'elle regrette non plus. Elle en veut à des gens... mais elle ne sait pas à qui – le système? Officiellement, sur le papier, elle a une place dans le monde d'aujourd'hui, dans cette entreprise, dans cette équipe – mais bon, en réalité, elle n’est pas à sa place. La roue tourne et elle sent bien que le mouvement ne l'entraîne pas, elle reste derrière avec ce sentiment d'avoir été vidée, comme si on lui avait volé un bout d'elle même. Des collègues plus jeunes arrivent, présentent de meilleurs rapports – pas meilleurs au fond, mais dans la forme, ils font illusion.  Elle sait bien que c'est ridicule, enfin on lui dit que c'est ridicule mais cette pensée la hante: "qu'as tu fait de ta vie?" tu as bossé 20 ans pour cette société mais pour cela, aucune reconnaissance si ce n’est un salaire à la fin du mois. La reconnaissance sociale? Il y a belle lurette qu’elle se rend compte que cela est du vent. Certains se vantent d’un titre d’un rôle, mais au fond, hein… cette reconnaissance qui fait que les autres nous reconnaissent comme les leurs, nous questionnent, s'intéressent à nos vies, ou nous demandent conseil. Une mère qui travaille se laisse vite happer par son agenda, comme tout le monde, et le fossé se creuse parce qu'il n'est question que de collègues, de cours en bourse, de rapports à soumettre, de dates butoir à respecter, de problèmes d'adultes et pas d'éducation de projets de voyages, de moments en famille et de réalisations personnelles, mais cela c'est pas un sujet sérieux. Alors apparaît le syndrome de la FPD (femme professionnelle désabusée), elle se transforme en mégère acariâtre et aigrie qui ne fait que se plaindre et ne fait même plus son boulot... pas cool et ça creuse encore un peu plus le fossé. Je suis passée par là une fois et j'avais envie de t'en parler parce que je suis pas la seule loin de là et parce que ça aidera peut être certaines à se sentir moins seules – et pas seulement celles qui bossent à l’extérieur de chez elles. Ce truc, t'appelle ça comme tu veux, un burn out si tu veux être dans le vent, une dépression, du surmenage, un pétage de plomb, la crise de la quarantaine, mais t'appelle surtout pas ça un baby blues parce que le blues c'est une superbe musique qui s'écoute en sirotant un Pomard dans ton canap'."

A ta santé Margot! (ça ne résoud pas le fond du problème, mais ça peut pas faire de mal!)

 

28 février 2014

En janvier, il y a eu... (3)

Une plongée en apnée dans mon imagination... La rencontre avec mon héroïne, Nora.

Plusieurs versions d'un texte à rendre pour mon atelier d'écriture ont monopolisé toute mon attention. Un projet d'écriture en groupe, un recueil arc-en-ciel, qui verra le jour à la fin du printemps. Chaque participant s'est vu octroyé une couleur, un coin du globe, une époque, un style d'écriture. J'ai pigé la couleur BLANC, le Canada, la fin du XIX, le début du XX siècle et le style journalistique. J'ai fait beaucoup de recherches, j'aurais pu m'y perdre. J'ai écrit des kilomètres - trop, j'ai du matériel pour un longue nouvelle, voir un petit roman. Mon histoire s'est développée jour après jour dans ma tête, mais le plus souvent sous le clavier...  Et il a fallu réduire, réduire encore et finalement, rendre un premier jet, si écourté, que j'en avais des regrets... Tout n'est pas encore finalisé, loin de là, j'en suis à une troisième relecture, en groupe.  En attendant, je vous livre un extrait - qui, je pense, restera dans la version finale.

 

Famille_Innue_Lac-St-Jean_1898

 Photo d'archive, trouvée sur le net. Famille innue vers 1898.

Il ne parlait pas beaucoup le Pierre-Louis. Avec sa barbe grise, ses sourcils en broussailles, ses cheveux hirsutes d’un noir de jais – même pas un cheveu blanc, bien qu’il ne soit plus très jeune…  Il n’avait pas l’air commode et sa carrure en imposait. Pourtant, si on le regardait attentivement, on apercevait alors ses yeux clairs, tout au fond de ses orbites, avec ce petit air malicieux qui soudain le rendait plus sympathique. Il avait toujours vécu dans la forêt. Autant qu’elle s’en souvienne, Nora ne l’avait jamais vu travailler ni comme bûcheron ni encore moins sur les terres des fermes environnantes. Il partait chaque printemps, nul ne savait où, et revenait, toujours à pied, à l’automne, s’occuper de sa vieille mère. Maintenant que celle-ci était morte, il revenait encore, par habitude sans doute. Il nettoyait la toute petite maison du bout du chemin, la rafistolait, en chassait les petits animaux qui invariablement y installaient leurs nids en été, préparait le bois pour l’hiver. Puis, il reprenait ses activités de chasseur, échangeant son gibier contre des denrées au village. Jamais une visite – il n’entretenait pas non plus de relations. Le curé ne l’aimait pas, Pierre-Louis n’allait jamais à la messe – sauf celle de Noël, où on le voyait tout au fond de l’église, arrivé le dernier, reparti le premier. Malgré tout, Nora l’aimait bien. Au fil des ans, elle avait réussi à s’en faire adopter. Ah, il n’était pas bavard le Pierre-Louis, ça non! Par gestes le plus souvent, il lui avait enseigné à chasser, à reconnaître les signes de la forêt, à s’orienter, retrouver son chemin, se nourrir, poser une trappe; il lui avait même permis d’utiliser sa carabine. Heureusement, personne n’en avait jamais rien su! Mère l’aurait enfermée si elle avait appris cette relation. C’est que les rumeurs circulaient au sujet de Pierre-Louis : on le disait à moitié montagnais. On soupçonnait sa mère d’avoir fréquenté les sauvages autrefois, sa maison leur était toujours ouverte disait-on; parfois, on racontait que c’était plutôt des Naskapis, descendus du Nord, qui étaient passé au village et avaient tout ravagé, violentant au passage les femmes présentes. Quoiqu’il en soit, Pierre-Louis était le meilleur chasseur trappeur du village et la plupart des hommes le respectaient pour cela. Nora, elle, était rassurée par sa présence. Avec lui, aucune crainte, ni de se perdre, ni de crever de faim. Et puis, lui au moins, ne donnait jamais d’ordre.

 

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